Lundi 7 février (suite) – Nous retrouvons Juliana au bureau de NDO et faisons connaissance avec le reste du staff.
Nous leur expliquons l’objectif de notre mission: voir par nous-mêmes la réalité des programmes et leurs accomplissements sur le terrain afin de pouvoir rendre compte à nos donateurs de l’utilisation des fonds, mais également de pouvoir mieux transmettre leur message et continuer à chercher les soutiens nécessaires à la mise en place de ces projets.
Nous soulignons que la mission de Pain et Eau pour l’Afrique n’est pas d’être là pour toujours, mais de leur donner les moyens de devenir indépendants et auto-suffisants pour que, dans 3, 4, 5 ans, notre présence ne soit plus nécessaire. Pour cela, nous souhaitons tout particulièrement les aider à mettre en place des initiatives génératrices de revenus. Nous leur expliquons que les donateurs en Europe et aux Etats-Unis reçoivent des dizaines de sollicitations d’organisations caritatives. Les temps sont durs pour tout le monde. Certains de nos donateurs ont eux-mêmes du mal à boucler leurs fins de mois et doivent se contenter de peu. Le fait qu’ils décident de tendre la main en faisant un don est un signe d’immense générosité. Les employés de NDO sont conscients de ce sacrifice et de cette générosité et ils espèrent que nous pourront transmettre le message de leur gratitude.
Après un rapide déjeuner en ville, nous passons au bureau de change et ressortons avec une pile énorme de monnaie locale. 1 euro = environ 2 500 Leones. Après avoir acheté une carte SIM pour avoir un numéro local, nous avons rendez-vous chez DHL pour essayer de trouver une solution au dédouanement de chargements de médicaments envoyés par Bread and Water for Africa. BWA et PEA essayent dans la mesure du possible d’envoyer des fonds afin d’acheter du matériel sur place et ainsi promouvoir l’économie locale. Malheureusement, dans le cas des médicaments, nous sommes obligés de les acheter à des centrales d’achats européennes car ceux que l’on trouve sur place sont chers, de mauvaise qualité et souvent carrément des contrefaçons.
Malheureusement la bureaucratie n’a pas été inventée pour rien (et on remerciera mes ancêtres les Romains au passage): pour les biens destinés à des programmes de développement, les associations dument enregistrées doivent présenter une demande auprès du bureau des associations sierra léonaises (SLANGO), puis obtenir une signature du ministère compétent (dans notre cas, le ministère de la santé) – ce qui peut prendre de un à deux mois – puis un tampon du Bureau central de pharmacologie, puis l’autorisation du Ministère des finances. Bien sûr, plus la liste de formalités est longue et plus il faut avoir le bras long. Sinon, ce sont des mois qui s’écoulent pendant que les compagnies de fret chargent des frais de stockage à la journée et que les dates d’expiration des médicaments approchent.
Heureusement, nos différents partenaires ont travaillé en équipe pour arriver à bout de ce parcours du combattant et le dernier chargement de médicaments anti-parasitaires a pu être livré. Il s’agit de vermifuges pour traiter les infections intestinales (type vers solitaire), très courantes dans les zones rurales. Les médicaments, dont la date d’expiration n’est qu’en décembre 2011, permettront de traiter des centaines de patients dans les différentes cliniques de PEA.





