Recette d’Alokos et leur sauce piment (Côte d’Ivoire)

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Suggestion: Alokos, poulet braisé et sauce piment

Pilier de la cuisine traditionnelle ivoirienne, ce plat a su s’imposer sur tout le continent au fil des années. En apéritif ou en accompagnement de plat principal, cette recette facile et rapide saura à coup sûr vous dépayser et vous donner un avant-goût de l’Afrique !

Ma collègue Karine s’est mise aux fornaux pour nous donner une démonstrations.

Coût : environ 3 euros pour 4 personnes (un kilo de bananes plantains -4 à 5 bananes- coûte environ 1€60.)

Pour 4 personne.  Préparation : 15 min. Cuisson ; 30 min

Pour les Alokos : 3-4 bananes plantains bien mûres (jaunes et brunes), 40 cl d’huile de friture, Sel

Couper les bananes en petits dés ou en fines rondelles.

Saler. Tremper les rondelles dans l’huile bouillante 2 à 3 minutes afin que les deux faces soient bien dorées.

Egoutter sur du papier absorbant

Astuce : si les alokos vous paraissent trop gras, disposez-les sur du papier sulfurisé et passez-les au four quelques minutes avant de servir.

Pour la sauce piment : 2 grosses tomates fraîches (ou 3 moyennes), 1 oignon, 1 piment cerise (aussi appelé piment africain, antillais ou pili-pili), sel, poivre et persil finement haché (ou autre plante aromatique de votre choix).

Couper les tomates et les oignons finement.

Faire revenir les oignons et y ajouter les tomates.

Ajouter le sel, le poivre, les herbes et quelques lamelles de piment à votre convenance et laisser mijoter.

Vous pouvez servir les alokos avec leur sauce en apéritif ou alors comme sur la photo en accompagnement de poulet ou poisson braisé.

Première journée en ville

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Rue de Freetown avec ses collines en arrière plan

Lundi 7 février 2011 (2e partie) – Non, décidément, Freetown n’a pas changé. Le trajet d’Aberdeen au centre ville en voiture, me rappelle des images bien familières: les embouteillages, les coups de klaxons, le défilé de couleurs et de personnages sur le bord des routes. Des femmes portent d’immenses chargements sur leur tête tout en réussissant à se faufiler entre les voitures. L’une d’entre elle porte une bassine contenant une douzaine de grandes bouteilles en plastique remplies d’huile. Une autre tient en équilibre un large plateau surmonté d’une pyramide de bananes. Elles réussissent l’exploit de balancer ces chargements à même leur tête – et sans les mains! Cela tient de l’équilibrisme.

Des enfants en uniformes scolaires se croisent sur les trottoirs, dansent ou se tiennent par la main. Les écoles font généralement un tour du matin et un de l’après-midi, ce qui permet « d’exploiter » les infrastructures au maximum. A certaines heures, les rues sont peuplées de petits uniformes bleus, marrons ou bordeaux. Chaque établissement a son propre uniforme : chemises à carreaux, jupes plissées, chaussettes hautes ou encore bérets en feutrine assortis ; c’est un véritable défilé de mode. C’est un héritage du système éducatif anglais puisque la Sierra Léone a été une colonie britannique jusqu’à son indépendance en 1961.

Ecoliers dans le quartier de Hill Station, Freetown

La route principale qui mène d’Aberdeen au centre ville est en travaux. C’est bon signe, mais en attendant, cela n’arrange rien au trafic déjà légendaire de Freetown. A part les gros 4×4 des organisations internationales, la plupart des voitures locales sont des taxis rouges et jaunes, véhicules sans âge, importés d’Europe sans doute après avoir été mis au rebut. Certains portent encore les autocollants ovales blancs avec les lettres indiquant leur pays d’origine (F pour France, D pour Deutschland, NL pour Nederland, etc.). Ici, les taxis réalisent en générale un trajet bien défini et prennent sur leur passage le maximum de passagers. La course coûte 1 000 Leones par personne (environ 0,25 €), mais il faut souvent prendre plusieurs taxis pour arriver à destination puisque ce n’est pas un service sur mesure. Une autre solution de transport en commun sont les poda-podas, ces espèces de mini-bus, à 8 places, qui prennent en générale un vingtaine de passagers, y compris leur barda et leur volaille, le cas échéant. Les podas-podas sont une source intarissable de divertissement car ils portent des inscriptions faisant généralement référence à la Bible ou au Coran, en fonction de la foi de leur propriétaire. Les « Allah est grand » et « Jésus est mon sauveur » sont donc courants, mais il y en a de plus subtils, comme : « Restez dans le droit chemin » ou « Les voies du Seigneur sont impénétrables ».

Taxi-moto (version avec casque)

Enfin, le moyen le plus rapide de se déplacer sont les taxis-motos. Là aussi, le choix se joue entre arriver à temps et arriver vivant, puisque la règle du jeu consiste à aller le plus vite possible en se faufilant au dernier moment entre les voitures ou en conduisant sur la voie opposée du trafic. Mais bon, certains offrent le port du casque en option.

Première nuit à la Raza Guest House

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Vue du Raza

Vue de notre chambre

Lundi 7 février – Juliana nous a réservé une chambre à la Raza Guest House. Le mobilier semble dater des années 80 mais c’est propre et on a même la clim’ dans la chambre! Le luxe!

Ce que nous n’avions pas prévu c’est la boîte de nuit de l’autre côté de la route et la musique à fonds jusqu’à 5 heures et demi du matin. Ça a commencé par un album entier de Mariah Carey (!) et je me suis dit, ça va, ils ont des goûts bizarres, mais je pense pouvoir m’endormir avec ça. Puis ils ont enchaîné avec un mélange de ragga, raeggea et surtout d’étranges remix de chansons des années 80, version techno. Quel génie d’avoir pensé aux boules quiès!

Je note ici que pour économiser, Sarah et moi avons décidé de partager une chambre. Freetown est devenue horriblement chère en raison de l’abondance de grosses ONG et d’organisations internationales, comme les nations unies. Ici, une grande majorité des voitures sont d’énormes 4×4 blancs, flambants neufs, avec les sigles d’ONG bien connues sur les portières. Les hôtels proposant des services « à l’occidentale » (climatisation, nourriture adaptée aux estomacs sensibles, sécurité) savent bien que ces organisations sont prêtes à payer le prix fort pour le confort de leurs employés et consultants expatriés.

Lumbley Beach, Aberdeen

La plage de Lumley, à Aberdeen, et les collines de Freetown dans le fond

Je me demande au passage si le pays pourra un jour profiter d’un éventuel boom touristique, qui serait bien mérité. En effet, la Sierra Léone a énormément à offrir avec sa côte longée de magnifiques plages de sable blanc et de cocotiers. Les Sierra Léonais sont extrêmement accueillants, souriants et ouverts au contact. Depuis la fin de la guerre civile, le pays est stable et sûr. Le site du Ministère français des Affaires étrangères le qualifie même d’un des pays les plus sûrs d’Afrique de l’Ouest. La culture, l’hospitalité, les paysages, font de la Sierra Léone une destination de choix pour qui aurait envie de sortir des sentiers battus et de s’aventurer en terre inconnue.

Kit de survie

Kit de survie

L’emplacement de la Raza Guest House est vraiment idéal. Aberdeen est une étroite péninsule, dans le quartier ouest de Freetown, qui s’étend sur l’Atlantique en faisant presque face au reste de la ville. Quand nous nous sommes réveillées ce matin, nous avions la mer des deux côtés de la route. Notre chambre dispose d’une petite terrasse, bien pratique pour se relaxer le soir et pour faire découvrir à Sarah un trésor national : la bière Star.

Adolescents: l’importance d’investir dans leur éducation aujourd’hui

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Elèves du lycée Grafton

Les élèves du lycée de FHDO à Grafton, Sierra Léone

26/02/11 – 88% des adolescents du monde vivent dans les pays en voie de développement. L’Afrique en particulier possède la plus grande proportion d’enfants, d’adolescents et de jeunes au monde. Près de la moitié de sa population a moins de 18 ans ! Selon le rapport de l’UNICEF « L’état des enfants dans le monde, 2011 », paru le 25 février, investir dans leur éducation et leur formation serait la clé pour briser le cercle vicieux de la pauvreté et de l’inégalité.

Lors d’une mission d’évaluation de PEA en Sierra Léone en février 2011, Rev. Mambu, directeur et fondateur de l’organisation FHDO nous disait : « Regardez autour de vous, tous ces jeunes qui ne sont pas à l’école, qui traînent dans les rues, si la situation politique venait à se dégrader à nouveau comme pendant la guerre, ce seraient eux les premiers à prendre les armes. Ils n’ont aucune structure, aucune éducation et ils se laissent donc facilement attirer et manipuler par des discours politiques violents. »

Rev. Mambu

Rev. Mambu, directeur et fondateur de l'organisation FHDO

Selon l’UNICEF, les investissements réalisés au cours des dernière décennies pour les enfants de moins de 10 ans ont eu un impact très positif, avec, notamment, une réduction de 33% de la mortalité infantile au niveau mondial. « D’un autre côté, il y a eu peu d’amélioration dans le domaine de l’adolescence. (…) Sans éducation, les adolescents ne peuvent pas développer les connaissances et les capacités nécessaires pour éviter les risques d’exploitation, d’abus et de violence, qui sont les plus importants entre 10 et 20 ans.»

Nous savons tous à quel point l’adolescence est un moment très sensible et critique dans le développement d’une personne, il est donc important de fournir aux adolescents des pays en voie de développement « les outils dont ils ont besoin pour améliorer leur propre vie et devenir des citoyens indépendants économiquement et capables de contribuer activement au développement de leur communauté. »

Mabinty Sankoh

Mabinty Sankoh, 14 ans, rêve de devenir journaliste

C’est dans cette optique que PEA travaille avec ses partenaires pour la mise en place de structures d’enseignement et de formation. En Sierra Léone, par exemple, les écoles de FHDO permettent à 130 élèves de poursuivre leurs études secondaires, à Grafton, Hill Station et Rutile ; une chance réservée à très peu de jeunes dans ce pays où le taux d’alphabétisation n’est que de 35%.

Mabinty Sankoh a 14 ans et a souffert de la polio. Grâce à l’école secondaire de FHDO à Grafton, elle peut poursuivre ses études, dans l’espoir de réaliser son rêve : devenir journaliste.

Source : IRIN News http://www.irinnews.org/Report.aspx?Reportid=92041

Arrivée à Freetown

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Dimanche 6 février, 2011 

Arrivée cette nuit à Freetown.

L’arrivée à l’aéroport est aussi chaotique que dans mes souvenirs. Depuis que j’ai décidé d’entreprendre cette mission, je me demande si Freetown aura beaucoup changé par rapport à la ville que j’ai connue il y a 5 ans. Lors de mes précédents voyages en 2005 et 2006, le pays tout entier était encore à peine sorti de la guerre civile achevée en 2002. Juliana Ganda, la directrice de NDO, l’une des associations locales partenaires de PEA, m’a dit que tout était complètement différent à présent. Ce que je constate à l’aéroport m’en dit autrement.

Signe à l'extérieur de l'aéroport de Lungi

A peine sortie du contrôle des passeports et de la douane, c’est l’ébullition. Salim, une connaissance de Juliana, est là pour nous accueillir et nous mettre en route pour Freetown, nous aidant à naviguer dans le brouhaha et la confusion générale. Des dizaines de porteurs et autres employés de l’aéroport prennent d’assaut les voyageurs un peu déboussolés, pour leur offrir des services divers et variés. Ils portent tous un badge, ce qui leur confère un air officiel, mais leur fonction reste à confirmer. D’où l’intérêt de Salim : sa présence suffit à faire savoir que nous sommes déjà prises en charge et que toute tentative d’assistance contre pourboire sera donc vaine. Je ne sais pas trop s’il le fait par amitié ou s’il est payé pour ça. Il se réfère à Juliana en l’appelant « Mama Ganda », ce qui est un signe de respect pour les femmes d’un certain âge. Il me dit être travailler à l’aéroport et donc, il vit à Lungi car il serait impossible de faire le trajet depuis Freetown tous les jours.

Moi, devant l'hélicopter de la tristement fameuse Paramount Airlines en 2005

En effet, l’aéroport international de Lungi est ironiquement situé de l’autre côté de l’estuaire de la Sierra Leone River. La liaison avec Freetown ne se faire que par bateau ou hélicoptère. L’hélicoptère est bien sûr le plus rapide, mais je m’étais promis de ne plus m’aventurer à bord de ces vieux coucous fabriqués en URSS, pilotés par d’anciens pilotes russes et surchargés de passagers et de bagages. Pendant les interminables minutes que dure la traversée, je me souviens m’être demandé si je pourrais éventuellement nager jusqu’à la côte qui n’est pas si loin – faisant abstraction un instant des éventuels requins – mais le problème ce serait plutôt de sortir de l’appareil, la seule issue étant encombrée par une pile de valises. Malheureusement, l’hélicoptère s’est crashé plusieurs fois au cours des dernières années.

Nous optons donc pour le bateau. Mais ce n’est pas si simple ; nous devons d’abord nous rendre à l’embarcadère à bord d’un bus surchargé, qui fonce à toute allure sur une route complètement défoncée, dans l’obscurité la plus totale, évitant de justesse les nombreux piétons et vélos, qui réussissent par je ne sais quel moyen à s’orienter dans le noir.

La traversée dure un peu plus de 45 minutes. Nous faisons brièvement connaissance avec un groupe d’instituteurs britanniques venus enseigner dans des écoles pour deux mois dans le cadre d’un échange.

Juliana nous attend au Government Warf de Freetown où nous arrivons enfin vers minuit. Après avoir réussi à extirper nos bagages de la masse de voyageurs et porteurs qui se bousculent sur le quai, nous montons en voiture. Il fait trop nuit pour voir la ville, mais je constate tout de même au passage que quelques rues autour du port sont illuminées. De l’éclairage public ? Ca c’est du changement.

Mission d’évaluation en Sierra Léone – Février 2011 – INTRODUCTION

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Ca y est! Après avoir été reportée plusieurs fois depuis deux ans, ma mission en Sierra Léone est enfin confirmée.

Depuis que je travaille pour Pain et Eau pour l’Afrique en 2008, j’étais impatiente de visiter les programmes que nous avons financés là-bas. C’est le pays où PEA a le plus de partenaires: la Fondation Mustard Seed, Ndegbormei Development Organization (NDO) et Faith Healing Development Organization (FHDO).

Carte Sirra Léone

Carte de la Sierra Léone

J’ai eu la chance de visiter le pays en 2005 et 2006, lorsque je travaillais pour le Glocal Forum, une ONG basée à Rome, qui travaillait à la mise en place d’un programme de coopération décentralisée avec la municipalité de Freetown, la capitale du pays. A l’époque, le pays sortait à peine d’une guerre civile qui a laissé derrière elle plus de 100 000 morts, deux millions de déplacés et réfugiés et des infrastructures complètement dévastées. A l’époque de mon premier séjour, il n’y avait aucune source d’électricité publique, des bâtiments brûlés ou éventrés en plein centre ville parlaient des affrontements subis lors de la prise de Freetown par les rebelles en 1999, il y avait encore relativement peu d’ONG sur place et pas un seul touriste. Une nation en cendre, encore occupée à panser ses blessures et pleurer ses morts et disparus.

Pourtant, la Sierra Léone et surtout les Sierra Léonais m’ont laissé un souvenir indélébile. Leur gentillesse et leur bonne humeur, leur détermination à avancer, un jour après l’autre, malgré les immenses difficultés auxquelles ils doivent faire face et l’incommensurable charge de travail qui s’annonçait pour reconstruire le pays.

Aujourd’hui, la Sierra Léone est toujours en avant-avant-dernière position dans l’indice de développement (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), qui donne un classement des pays en fonction de différents critères tels que l’espérance de vie, le taux d’alphabétisation, la proportion de population ayant accès à l’eau potable ou le revenu moyen par habitant. Mais je sais qu’elle a également fait d’immenses progrès pour se relever et aller de l’avant.

A l'aéroport de Lungi

Moi, à l'aéroport international Lungi le 6 février 2011

Voici ce que j’ai pu observer lors de mon séjour de deux semaines en février 2011. Pour ce voyage, je suis accompagnée de ma collègue Sarah Curry, qui travaille pour Bread and Water for Africa aux Etats-Unis et en Angleterre. Nous sommes chargées de visiter les différents programmes financés par BWA/PEA et de faire rapport sur l’utilisation des fonds et les besoins des populations.

J’espère que vous y trouverez des informations et anecdotes intéressantes.  Je suis bien entendu à votre entière disposition si vous souhaitez obtenir plus de détails. N’hésitez pas à me contacter et à laisser vos commentaires.

Sylvia

Pour aller plus loin :

La Sierra Léone sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sierra_Leone

L’indice de développement humain (IDH) de la Sierra Léone sur le site du PNUD : http://hdrstats.undp.org/fr/pays/profils/SLE.html

Le classement de tous les pays par IDH : http://fr.wikipedia.org/wiki/Classement_IDH_des_pays

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